Quelques mois plus tard, l'histoire de mon cousin m'est revenu en mémoire à cause d'un évènement particulier : lors d'une soirée en boite je n'ai pas osé intervenir alors qu'un mec très balèze insistait très lourdement auprès de son ex pour avoir un bisou sur la joue. Au bout de dix minutes, il a finalement eu son bisou tandis que je faisais lâchement mine de regarder ailleurs.
Ah ! Si seulement j'avais pu être comme ma grand mère ! Inconscient, mais décidé à protéger les faibles !
Il se trouvait qu'elle nous rendait visite au même moment. Le lendemain je la lançais donc sur l'histoire de mon cousin :
<<Alors mamie ! Comme ça on met dehors des voyous ! T'as pas eu peur ! Raconte-moi un peu !

>>
Je l'imaginais me répondre qu'elle "n'allait pas se laisser faire par des petits cons", comme je l'avais déjà entendu dire, mais cette fois le masque tomba. Était-ce car elle ne me considérait plus comme un enfant à protéger des réalités du monde ? Était-ce une leçon divine pour ma couardise de la veille ? Son regard se perdit dans le vague et voici ce qu'elle me dit :
<< Ses parents ne voulait intervenir, donc j'y suis allé. J'ai essayé de garder ma contenance mais en montant les marches je ne pouvais pas m'empêcher de trembler. Bien sûr que j'ai eu peur devant ces 5 hommes d'une quarantaine d'années.>>
Puis, elle me fixa de ses grands yeux noirs et ajouta :
<< J'étais absolument terrifiée.>>
Ca m'a mit une belle claque. Oui, elle avait conscience des risques. Pire, elle crevait de peur, mais
elle l'a fait quand même, et nous autres, pathétiques, on se moque d'elle en l'imaginant écervelée et la laissant seule face à sa terreur.
Voilà mon histoire, ou plutôt ma leçon. Puisse cela servir également à d'autres.