Topic poésie
- Roi of the Suisse
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Re: Topic poésie
Une traduction de ma chanson préférée du moment : Yoru no Sei, de Yoshiko Sai.
C’est une traduction qui conserve le rythme, donc on peut théoriquement la chanter.
J’ai essayé de perdre le moins de sens possible, mais la priorité était le rythme.
[Couplet 1]
夜の雨
La pluie dans la nuit
ふりやんだ
Vient de s’arrêter.
濡れてるう 街の
Toute la vi-lle est détrempée.
やねやねに
Là-haut sur les toits
月の光が
Sautille un rayon de Lune
凍りつく
Qui répand la brume.
[Couplet 2]
私は
Je déambule
ひとりで
En solitaire
意味のな-い
Et je consi-dère
ことばを
Des mots absurdes !
思いうかべては
Ils émergent dans ma tête,
つらつらあと
Dansent dans mon esprit
流れゆく
En flots infinis.
[Couplet 3]
風のない
Il n’y a pas de vent.
街角に
Au coin de la rue,
たたずむう
Immobile, attend
あの娘は
Une inconnue.
月の影をあびて
Elle est baignée d’étranges lueurs :
青ざめた
Sous la Lune luit
夜の精
L’esprit de la nuit.
[Refrain]
狂った
Et la folie
まああちも
gagne les faubourgs !
夜うに
Quand vient la nuit,
なああれば
Tout ce qui m’entoure
不思議な
Est transformé
くにへと
En nébuleux
変わりゆく
Pays merveilleux !
[Couplet 4]
青白い
Aux lueurs du soir
光に
Bleues et blafardes,
鏡をお
Si tu regardes
のぞけば
Dans un miroir,
暗やみに
De l’obscurité
にじんだ
Va transparaître
まぼろしが
Un terrible spectre
浮かびでる
Voulant s’évader.
[Pont instrumental]
[Couplet 1 à nouveau]
夜の雨
ふりやんだ
濡れてる街の
やねやねに
月の光が
凍りつく
[Refrain à nouveau]
狂った街も
夜になれば
不思議な
くにへと
変わりゆく
C’est une traduction qui conserve le rythme, donc on peut théoriquement la chanter.
J’ai essayé de perdre le moins de sens possible, mais la priorité était le rythme.
[Couplet 1]
夜の雨
La pluie dans la nuit
ふりやんだ
Vient de s’arrêter.
濡れてるう 街の
Toute la vi-lle est détrempée.
やねやねに
Là-haut sur les toits
月の光が
Sautille un rayon de Lune
凍りつく
Qui répand la brume.
[Couplet 2]
私は
Je déambule
ひとりで
En solitaire
意味のな-い
Et je consi-dère
ことばを
Des mots absurdes !
思いうかべては
Ils émergent dans ma tête,
つらつらあと
Dansent dans mon esprit
流れゆく
En flots infinis.
[Couplet 3]
風のない
Il n’y a pas de vent.
街角に
Au coin de la rue,
たたずむう
Immobile, attend
あの娘は
Une inconnue.
月の影をあびて
Elle est baignée d’étranges lueurs :
青ざめた
Sous la Lune luit
夜の精
L’esprit de la nuit.
[Refrain]
狂った
Et la folie
まああちも
gagne les faubourgs !
夜うに
Quand vient la nuit,
なああれば
Tout ce qui m’entoure
不思議な
Est transformé
くにへと
En nébuleux
変わりゆく
Pays merveilleux !
[Couplet 4]
青白い
Aux lueurs du soir
光に
Bleues et blafardes,
鏡をお
Si tu regardes
のぞけば
Dans un miroir,
暗やみに
De l’obscurité
にじんだ
Va transparaître
まぼろしが
Un terrible spectre
浮かびでる
Voulant s’évader.
[Pont instrumental]
[Couplet 1 à nouveau]
夜の雨
ふりやんだ
濡れてる街の
やねやねに
月の光が
凍りつく
[Refrain à nouveau]
狂った街も
夜になれば
不思議な
くにへと
変わりゆく
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Re: Topic poésie
Impossible d'en trouver une partition sur internet, donc j'ai fait une retranscription moi-même :
https://www.roiofthesuisse.fr/vrac/yoru%20no%20sei.pdf
https://www.roiofthesuisse.fr/vrac/yoru%20no%20sei.pdf
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Re: Topic poésie
Les géants
Ils sont dix fois, cent fois plus grands
Que nous, les habitants du monde.
C’est parfois en nous dénigrant
Qu’un nous écrase en flaque immonde…
Ou par mégarde ! C’est frustrant.
Ils sont cent fois, mil fois plus lourds.
Par dizaine ils nous assassinent.
Ils vivent dans d’immenses tours.
Leur corps long court sur les collines.
Ils font les fruits, les fleurs, le jour !
L’on n’a point d’autre destinée
Que s’introduire en leur domaine
Et risquer d’être piétinés,
Car c’est le monde qu’ils détiennent !
L’on ne peut point se mutiner.
Nous comptâmes hier encore
Sur le charnier, recto-verso,
De deux amis les flasques corps :
L’un sa coquille en mil morceaux,
L’autre les pattes sans raccord.
Ils sont dix fois, cent fois plus grands
Que nous, les habitants du monde.
C’est parfois en nous dénigrant
Qu’un nous écrase en flaque immonde…
Ou par mégarde ! C’est frustrant.
Ils sont cent fois, mil fois plus lourds.
Par dizaine ils nous assassinent.
Ils vivent dans d’immenses tours.
Leur corps long court sur les collines.
Ils font les fruits, les fleurs, le jour !
L’on n’a point d’autre destinée
Que s’introduire en leur domaine
Et risquer d’être piétinés,
Car c’est le monde qu’ils détiennent !
L’on ne peut point se mutiner.
Nous comptâmes hier encore
Sur le charnier, recto-verso,
De deux amis les flasques corps :
L’un sa coquille en mil morceaux,
L’autre les pattes sans raccord.
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Re: Topic poésie
Le paresseux
De tous les singes, le plus sage
N'est ni le chimpanzé ni l'homme !
(Ceux-là pratiquent le lynchage
Sur leurs semblables innocents :
Au nom d'idées ou pour des pommes,
Ils assassinent l'opposant.)
Couvert de mousse et de lichens,
Le doux singe est le paresseux !
La jungle sud-américaine
Est le royaume des gentils.
Papillons, mites sont chanceux,
Dans sa fourrure, bien lotis.
La vertu mère du bradype,
Qui est la clé de sa sagesse,
Qui en fait l'ultime chic type,
N'est autre que sa nonchalance !
Son pacifisme est la paresse,
L'apolitique indifférence.
Je ne suis pas forcément d'accord avec le message du poème. C'est inspiré de la philosophie développée dans le Précis de Décomposition d'Emil Cioran. Pour ma part, je pense qu'il est bien plus judicieux d'être un turbo-communiste assoiffé de sang qui s'en va affronter les turbo-fascistes assoiffés de sang. Parce que c’est pas des mecs comme lui, qui laissent faire les choses, qui ont débarrassé son pays de la Garde de Fer… Bref, c'était juste pour l’exercice.
Je pratique le schéma de rimes ABACBC.
De tous les singes, le plus sage
N'est ni le chimpanzé ni l'homme !
(Ceux-là pratiquent le lynchage
Sur leurs semblables innocents :
Au nom d'idées ou pour des pommes,
Ils assassinent l'opposant.)
Couvert de mousse et de lichens,
Le doux singe est le paresseux !
La jungle sud-américaine
Est le royaume des gentils.
Papillons, mites sont chanceux,
Dans sa fourrure, bien lotis.
La vertu mère du bradype,
Qui est la clé de sa sagesse,
Qui en fait l'ultime chic type,
N'est autre que sa nonchalance !
Son pacifisme est la paresse,
L'apolitique indifférence.
Je ne suis pas forcément d'accord avec le message du poème. C'est inspiré de la philosophie développée dans le Précis de Décomposition d'Emil Cioran. Pour ma part, je pense qu'il est bien plus judicieux d'être un turbo-communiste assoiffé de sang qui s'en va affronter les turbo-fascistes assoiffés de sang. Parce que c’est pas des mecs comme lui, qui laissent faire les choses, qui ont débarrassé son pays de la Garde de Fer… Bref, c'était juste pour l’exercice.
Je pratique le schéma de rimes ABACBC.
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La bouillie de millet
Le chef Chaghan Temür
Et ses guerriers mongols
De cadavres, d'armures
Avaient jonché le col.
L'armée de Zhu Yuanzhang
Était mise en déroute.
C'est dans les monts Taihang
Qu'il dut prendre la route.
Des bourrasques soufflaient,
Levant de la poussière ;
Zhu Yuanzhang détalait,
Ils ne le pourchassèrent.
« Aucun homme blessé
Ne survit en ces cimes,
Railla Chaghan, laissez
Ce généralissime. »
*
* *
Lundi, mardi, jeudi,
Zhu mangea des racines ;
Mercredi, vendredi,
Les fruits de l'aubépine.
Ces baies étaient acides,
Les racines amères.
Les jours étaient torrides,
Les nuits étaient polaires.
Zhu Yuanzhang affamé,
Titubant, tomba sur
Un vieil homme tanné,
Son âne et sa masure.
Le doyen recueillit
Le général fourbu,
Lui fit une bouillie
De millet, que Zhu but.
Ce gruau dévalait
La gorge du convive ;
À son menton coulaient
Les larmes, la salive.
« C'est la meilleure chose
Que j'ai jamais mangée !
Cuisinier virtuose,
Soyez en louangé ! »
Le lendemain, l'ancien
Lui harnacha son âne.
Zhu regagna les siens,
Ses soldats, sa campagne.
*
* *
Zhu — les années passèrent —
Devint l'empereur Ming.
« Chaghan, six pieds sous terre,
Les pissenlits rumine ! »
Les paons, dans les lotus
De son palais fleuri,
Ouvraient des roues profuses,
Poussaient de charmants cris.
Marmitons, maîtres queux
S'affairaient en cuisine
Concoctant des mets que
Les nobles de Nanjing
Trouvaient fort délectables.
Mais Zhu — dit « le roi Wu » —
Semblait rêveur à table,
La main contre sa joue.
« Ces festins sont bien bons
Mais n'égalent en rien
La bouillie des hauts monts,
Régal végétarien. »
Les cuisiniers perplexes
Lui firent la bouillie
De millet. Par réflexe,
Pour la rendre embellie,
Mêlèrent du soja,
De l'huile de sésame,
Un épais bouillon d'oie,
Du poivre de Sichuan.
« Vous n'avez rien compris !
Recracha le roi Wu,
Au véritable esprit
Du plat auquel je voue
Cette mélancolie. »
Les cuisiniers revinrent
Avec une bouillie
Simple dont ils n'obtinrent
Qu'un sonore soupir.
« C'est fade. » Il repoussa
Le plat. « C'est à mourir
D'ennui. Ça n'est pas ça. »
On alla retrouver
Là-haut dans les montagnes
Le seul chef approuvé
Par le roi Wu. « Oh ! Soigne,
Vieillard, mon triste cœur
Depuis ce moment-là
Resté dans les hauteurs. »
Le vieux sujet son plat
Tendit à l'empereur,
Qui se jeta dessus.
Mais le roi dévoreur
Fut à la fin déçu.
« Bon vieillard, es-tu sûr
Qu'elle est à l'identique ?
— Elle est de ma masure.
La recette est antique. »
Le roi Wu défaillit,
Penché sur sa fenêtre.
« Ce n'est pas la bouillie,
Je dois le reconnaître,
Qui était féerie,
Mais ma faim. Qu'on honore
L'ânier par des soieries,
Un titre, un lingot d'or. »
Le chef Chaghan Temür
Et ses guerriers mongols
De cadavres, d'armures
Avaient jonché le col.
L'armée de Zhu Yuanzhang
Était mise en déroute.
C'est dans les monts Taihang
Qu'il dut prendre la route.
Des bourrasques soufflaient,
Levant de la poussière ;
Zhu Yuanzhang détalait,
Ils ne le pourchassèrent.
« Aucun homme blessé
Ne survit en ces cimes,
Railla Chaghan, laissez
Ce généralissime. »
*
* *
Lundi, mardi, jeudi,
Zhu mangea des racines ;
Mercredi, vendredi,
Les fruits de l'aubépine.
Ces baies étaient acides,
Les racines amères.
Les jours étaient torrides,
Les nuits étaient polaires.
Zhu Yuanzhang affamé,
Titubant, tomba sur
Un vieil homme tanné,
Son âne et sa masure.
Le doyen recueillit
Le général fourbu,
Lui fit une bouillie
De millet, que Zhu but.
Ce gruau dévalait
La gorge du convive ;
À son menton coulaient
Les larmes, la salive.
« C'est la meilleure chose
Que j'ai jamais mangée !
Cuisinier virtuose,
Soyez en louangé ! »
Le lendemain, l'ancien
Lui harnacha son âne.
Zhu regagna les siens,
Ses soldats, sa campagne.
*
* *
Zhu — les années passèrent —
Devint l'empereur Ming.
« Chaghan, six pieds sous terre,
Les pissenlits rumine ! »
Les paons, dans les lotus
De son palais fleuri,
Ouvraient des roues profuses,
Poussaient de charmants cris.
Marmitons, maîtres queux
S'affairaient en cuisine
Concoctant des mets que
Les nobles de Nanjing
Trouvaient fort délectables.
Mais Zhu — dit « le roi Wu » —
Semblait rêveur à table,
La main contre sa joue.
« Ces festins sont bien bons
Mais n'égalent en rien
La bouillie des hauts monts,
Régal végétarien. »
Les cuisiniers perplexes
Lui firent la bouillie
De millet. Par réflexe,
Pour la rendre embellie,
Mêlèrent du soja,
De l'huile de sésame,
Un épais bouillon d'oie,
Du poivre de Sichuan.
« Vous n'avez rien compris !
Recracha le roi Wu,
Au véritable esprit
Du plat auquel je voue
Cette mélancolie. »
Les cuisiniers revinrent
Avec une bouillie
Simple dont ils n'obtinrent
Qu'un sonore soupir.
« C'est fade. » Il repoussa
Le plat. « C'est à mourir
D'ennui. Ça n'est pas ça. »
On alla retrouver
Là-haut dans les montagnes
Le seul chef approuvé
Par le roi Wu. « Oh ! Soigne,
Vieillard, mon triste cœur
Depuis ce moment-là
Resté dans les hauteurs. »
Le vieux sujet son plat
Tendit à l'empereur,
Qui se jeta dessus.
Mais le roi dévoreur
Fut à la fin déçu.
« Bon vieillard, es-tu sûr
Qu'elle est à l'identique ?
— Elle est de ma masure.
La recette est antique. »
Le roi Wu défaillit,
Penché sur sa fenêtre.
« Ce n'est pas la bouillie,
Je dois le reconnaître,
Qui était féerie,
Mais ma faim. Qu'on honore
L'ânier par des soieries,
Un titre, un lingot d'or. »